La lettre
octpbre 2017 - nø 230

LETTRE MENSUELLE

de la Fraternité Spiritaine Esprit et Mission

12, rue du Père-Mazurié 94669 CHEVILLY-LARUE Cedex
fraternites.spiritaines@wanadoo.fr

 

Edito

L'Espérance enracinée dans l'héritage du peuple d’Israël
En lisant la Bible, nous découvrons que, par les prophètes, Dieu forme le peuple d’Israël dans l'espérance du salut, c’est-à-dire dans l'attente d'une Alliance nouvelle et éternelle destinée à tous les hommes et qui sera inscrite dans leurs coeurs. « Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur coeur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. » (Jr 31, 33) « Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau… » (Ez 36, 26) Les prophètes alertent le peuple d’Israël sur ses nombreuses infidélités. Dieu est prêt à purifier son peuple avec une eau pure. Ainsi les prophètes annoncent une rénovation, une rédemption radicale du peuple de Dieu et ils appellent à la conversion. Pendant l’exil à Babylone, les prophètes font un pas de plus en annonçant un salut qui débordera les frontières d’Israël et qui inclura toutes les nations (cf. Is 42, 6-7).
Nous notons par ailleurs que ce seront surtout les pauvres et les humbles qui porteront cette espérance.
Les femmes saintes de la Bible comme Sara, Rébecca, Rachel, Myriam, Déborah, Anne, Judith et Esther ont conservé vivante l'espérance du salut d'Israël. Marie était de cette lignée, elle fait partie de ces « pauvres de Dieu », de ces personnes humbles qui mettaient toute leur espérance dans la venue d’un Messie et qui l’attendaient de tout leur coeur.
Et nous aujourd’hui, nous sommes appelés aussi à nous ouvrir aux autres, à tous ceux qui sont différents de nous pour partager ce qui nous fait vivre notre foi et notre espérance. D’où une responsabilité sortir de notre cercle habituel pour aller vers les autres.
Notre espérance en Jésus Christ qui vient nous sauver, nous pouvons la partager et répondre à cette soif qui existe au fond de tout homme et de toute femme, celle d’être libéré du mal et de vivre de Jésus Christ. Nous partageons cette espérance avec le peuple chrétien, l’Eglise du Seigneur à la fois humble et ouverte à tous pour les ouvrir au Seigneur. Il nous revient de répondre à la question qui revient sans cesse à chaque étape de nos vies : celle du sens de cette vie. Sera-t-elle donnée ou préservée jalousement ? Rayonnera-t-elle ou sera-t-elle réduite à n’éclairer que notre demeure ?
Emmanuel Meaudre

Parole de Dieu : Deutéronome (Dt 7, 6-11) .

« Moïse disait au peuple : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c'est toi qu'il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre. Si le Seigneur s'est attaché à vous, s'il vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C'est par Amour pour vous, et pour tenir le serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a rachetés de la maison d'esclavage et de la main de Pharaon, roi d’Égypte. Tu sauras donc que c'est le Seigneur ton Dieu qui est Dieu, le Dieu vrai qui garde son Alliance et sa fidélité pour mille générations à ceux qui l'aiment et gardent ses commandements. Mais ils ripostent à ses adversaires en les faisant périr, et sa riposte est immédiate. Tu garderas donc le commandement, les décrets et les ordonnances que je te prescris aujourd'hui de mettre en pratique. »
« Si le Seigneur vous a choisis, c'est par amour pour vous. » L'élection d'Israël comme peuple de Dieu est un choix d'amour, et cet amour de Dieu se montre fidèle au long de l'histoire. Pourquoi un attachement particulier de Dieu à Israël ?
Il n'a rien de remarquable et n'attire pas le regard parmi les grandes civilisations et les grands empires de l'époque. Cette petitesse du peuple met en relief la gratuité de l'amour de Dieu, sa fidélité à accomplir ses promesses pour les pauvres, la puissance créatrice et libératrice de cet amour qui donne du prix à ce qui n'en a pas selon nos estimations humaines. Si Dieu l'aime d'un tel amour, comment Israël ne pourrait-il pas l'aimer en retour et pratiquer les commandements de celui qui lui porte une telle affection !
Dieu s'est attaché à moi non pas à cause de mes mérites ou de ma valeur, mais par pur amour. Cette gratuité de Dieu engendre-t-elle ma confiance, mon désir de l'aimer en retour et de m'attacher à ses commandements ?
* S'il m'arrive de douter de l'amour de Dieu, n'est-ce pas qu'au lieu de regarder le coeur du Christ, je m'efforce de mesurer les raisons que j'aurais d'être aimé et estimé ?
* Est-ce de la même fidélité, du même amour capable de pardon que j'aime ma femme ou mon mari, mes enfants, mes amis ? Parler de l'espérance, c'est dire la place que tient l'avenir dans la vie religieuse du peuple de Dieu, un avenir de bonheur auquel sont appelés tous les hommes (1 Tm 2, 4). Les promesses de Dieu s’ouvrent sur cet avenir : « Lorsqu’il se montrera à découvert, nous serons semblables à Dieu. » (1 Jean 2, 25 ; 3, 2)
Ce sont la confiance en Dieu et sa fidélité, la foi en ses promesses qui garantissent la réalité de cet avenir (He 11, 1) et qui permettent au moins d'en deviner les merveilles. Enracinée ainsi dans la foi et la confiance, l'espérance peut se déployer vers un avenir et soulever de son dynamisme toute la vie du croyant.
Soeurs Bernadette Gadan et Marie-Robert Tillon

Libermann :

il commente le verset « Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12) en ces termes :
« L’âme éclairée de la divine lumière, marche avec assurance et avec force ; elle se dirige toujours avec clarté dans ses oeuvres. Elle voit la fin où elle doit tendre, et elle marche droit vers cette fin ; elle voit et discerne le chemin le plus direct pour elle dans la position où elle est, et le suit en marchant spirituellement le long du chemin ; elle voit les obstacles, et les dangers et pièges qui se trouvent dans son chemin, et elle marche avec clarté et sûreté pour les éviter ; elle voit tous les détours qu’il faut prendre, toutes les routes qui seraient capables de l’égarer et de l’éloigner de son objet, et se dirige en tout cela selon la lumière divine qui l’illumine, pour marcher avec sûreté au milieu de tout cela, et pour arriver où elle tend. Sa marche est toujours pleine d’allégresse, parce qu’elle n’est pas dans les ténèbres. » (Commentaire de saint Jean p. 398)

Soeur Eugénie Caps :

Eugénie voit clair sur la fondation que le Seigneur l'appelle à fonder.
« Une fondation ne se fait pas au milieu des joies et du plaisir, mais avec des sacrifices, des peines et des souffrances ; mais ce n'est pas non plus sur des apparences d'une épreuve que je vais suivre de ma tête. Jésus, je suis prête pour tout, je veux ce que vous voulez, j'attends avec confiance, oui, la confiance me donne la force, pour vous Jésus, je donnerai ma vie et pour faire votre volonté. Jésus, donnez-nous une grande foi, une foi bien grande en vous. La Foi et la confiance, voilà des armes !….
Les personnes du monde mettent bien des choses en train, ils cherchent, ils creusent de tout côté pour arriver au but, et ils y arrivent. Et nous, nous laisserions une chose en plan qui a en vue la plus grande gloire de Dieu, le salut de nos âmes et le salut des pauvres âmes ? C'est pour gagner des âmes à Dieu que nous voulons travailler, que nous donnons notre jeunesse, nos forces, nos prières, que nous quitterons parents, amies, frères, que nous ne connaissons pas, travailler pour gagner les âmes immortelles au Bon Dieu. C'est pour vous, mon Dieu, pour vous tout, tout ! Tout ! J'attends cependant, mon Jésus, pour voir plus clairement encore ! J'attends avec confiance !!! »

Amour sans limite :

 Il m'a aimé jusqu'à l'extrême,
l'extrême de moi,
l'extrême de Lui.
Il m'a aimé à sa façon
gracieusement, gratuitement….
comme je ne sais pas aimer :
cette simplicité,
cet oubli de soi,
ce service humble
et non gratifiant.
Il a aimé les siens jusqu'à l'extrême,
ils sont tous à lui,
chacun comme unique,
une multitude d'uniques.
Il a tant aimé les hommes :
et le verbe s'est fait Frère.
Christian de Chergé