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A. ROBERT, MISSIONNAIRE AU CENTRAFRIQUE


1969

Ordination épiscopale de Mgr N’DAYEN

Le 6 janvier Mgr Joachim N’Dayen était ordonné évêque par Mgr Cucherousset et les évêques du Centrafrique. Cérémonie grandiose à la Cathédrale Notre - Dame de Bangui; des délégations des Missions du Diocèse de Bangui étaient venues y participer. En camionnette Peugeot 403, j’ai conduit celle de Grimari : une Soeur et quelques catéchistes. L’Eglise au Centrafrique est sur le chemin de l’autonomie, mais il faudra encore quelques années pour que celle-ci soit acquise. Le but des Congrégations missionnaires, bien souligné par leur fondateur respectif et rappelé souvent par les Papes, est de susciter des Eglises locales, ayant leur propre clergé.

Affectation à la Cathédrale Notre - Dame de Bangui

Depuis 12 ans, c’est de Grimari que je vous écrivais; aujourd’hui c’est de Bangui où je me trouve depuis le 12 octobre, affecté à la Mission Notre-Dame, mission de la Cathédrale.

En vous quittant en fin septembre, après trois mois de congé, je ne pensais pas changer de Mission. Dans l’avion qui me ramenait en RCA le 29 septembre, revoyant les villages, les habitants qui me sont familiers, je faisais des projets pour 1970....Et puis, à mon arrivée, mon évêque me demandait de venir à la Cathédrale pour remplacer le Père Rallu qui quitte définitivement la RCA. Je suis allé passer quelques jours à Grimari prendre mes affaires et dire au revoir au P.Bergsma et à la Mission; ce n’est pas sans une grande nostalgie que je quitte cette Mission , la première que j’ai connue en arrivant en Oubangui-Chari en 1951 où j’ai passé 13 ans : un an en 51-52 et 12 ans de 57 à 69. C’est le Père Elie Bobillier qui, de Sibut, vient me remplacer, un confrère connu à Chevilly, au grand Séminaire.

La capitale est bien différente des petites villes du pays Celles-ci sont rurales et leur population très disséminée ne dépasse pas 30 à 40.000 habitants. Bangui est la seule grande agglomération dont la population est estimée de 150 à 200.000; elle s’accroît du fait de l’exode rural devenu un phénomène mondial. Elle n’est pas comparable à une grande ville de France, elle s’étale sur près de 20 km, de St Paul des Rapides au N.E à Bimbo au S; à part le centre commercial créé au temps de la colonie, il n’y a pas de maison à étages; chaque quartier a un aspect villageois; beaucoup de maisons ont des toits en chaume; petit à petit il se fait des toits en tôles d’aluminium (tôles en provenance d’Edéa au Cameroun). Le revêtement des toits en tuiles de terre cuite, comme on le voit dans les missions catholiques et protestantes, ne se fait presque plus. Beaucoup de verdure, d’arbres donnent à la ville un aspect agréable; on l’appelle « Bangui la coquette"! Elle est à l’orée de la forêt équatoriale, entourée de collines; une route frayée sur l’une d’elles à travers les bois domine la ville, c’est le chemin dit de la grande corniche d’où l’on peut admirer la capitale construite près du fleuve Oubangui , en face du Zaïre (ex Congo belge).

L’Eglise à Bangui

Bangui compte dix paroisses, alors qu’en 1951, lors de mon arrivée, il n’y en avait que trois. Celle de Notre-Dame est située près du centre-ville, au pied d’une colline. Elle a été construite en 1925, longtemps après St Paul qui est la première Mission de l’Oubangui-Chari, édifiée en I895. La cathédrale N.D., oeuvre du Frère Jean-Marie Flour, est en briques; ce sont les chrétiens qui apportaient les briques cuites dans les fours de la Mission St Paul. La communauté paroissiale n’est pas homogène comme à Grimari; il y a trois milieux sociologiques : un milieu de fonctionnaires africains, un milieu populaire et un milieu européen. Le ministère se fait en sango et en français. La catéchèse des enfants et des jeunes prend une place importante, vu leur grand nombre. Sur le secteur de la paroisse on compte six écoles primaires, un lycée de filles (lycée Caron) et un collège technique féminin dirigé par des Soeurs Spiritaines. Les après-midi la paroisse est une véritable ruche; des centaines de jeunes se répartissent dans les salles. L’équipe paroissiale comprend quatre prêtres, trois spiritains et un prêtre Fidei Donum, l’Abbé Pierre Vitte, un Franc-Comtois dynamique et le Frère Justin Bois, Frère Mariste, enseignant à l’école primaire. Les religieuses spiritaines sont au nombre de dix; elles ont des activités diverses : enseignement, dispensaire, centres ménagers, catéchèse.

J’ai parlé d’un prêtre ‘Fidei Donum": on désigne par ce mot les prêtres de diocèses d’Europe venus pour trois ans et plus aider les missionnaires, permanents de la Mission. Le nom vient des premiers mots d’une lettre - encyclique du Pape Pie XII en I957, lettre où il invitait les pays de vieille chrétienté à envoyer des prêtres dans les pays de Mission. Souvent ceux-ci ont des compétences qu’ils mettent au service des jeunes chrétientés; ainsi l’un des fondateurs de l’animation rurale est un prêtre du diocèse de Metz.



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