Archives spiritaines..   
figures au jour le jour

A. ROBERT, MISSIONNAIRE AU CENTRAFRIQUE

1972

Stage en France

Au mois de mai je suis parti en France pour un stage de théologie à l’Arbresle, non loin de Lyon, mais auparavant j’ai pris trois mois de congé, pendant lesquels j’ai eu la joie de revoir famille et amis. Au mois d’août j’ai participé à une session d’un mois à Chevilly; session fort intéressante dont le thème général était : Mission et Développement. Nous étions une quarantaine de missionnaires, prêtres, religieux et religieuses de divers pays d’Afrique et d’Amérique du Sud qui ont fait part de leurs expériences. Ayant consacré leur vie à un pays, ils partagent le destin du peuple où ils sont insérés avec ses joies et ses peines.

D’octobre à la mi-décembre j’ai suivi un stage au Centre St Dominique de l’Arbresle; nous étions une quarantaine de prêtres et religieuses. Sous la direction du P.Lintanf et de professeurs éminents de la faculté théologique de Lyon, nous avons eu la chance de faire une révision et un approfondissement de nos connaissances théologiques et bibliques, à la lumière du Concile de Vatican 2. J’ai vécu onze semaines merveilleuses qui m’ont fait penser à ce que les Actes des Apôtres disent d’une façon idyllique des premières communautés chrétiennes, « assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières."

Après ce stage de la Tourette, à l’Arbresle, j’ai eu la joie de passer Noël en famille (le dernier Noël date de 1950) avant de repartir au Centrafrique.

Situation tragique au Centrafrique

En Centrafrique la situation est tragique, nous vivons dans un régime policier où les citoyens n’ont plus de liberté d’expression; les lettres sont censurées, une police spéciale, sous l’autorité de Bokassa, épie leurs paroles et leurs gestes. C’est ainsi qu’un instituteur que je connais bien s’est trouvé en prison à Ngaragba (prison sinistre près de St Paul des Rapides) parce qu’il s’était plaint près de collègues réunis dans un bar, de n’avoir pas eu de salaire depuis plusieurs mois. Une jeune fille française, venue en coopération, a été emprisonnée pendant trois mois, à la suite d’une lettre où elle décrivait la situation au Centrafrique. Paranoïaque, Bokassa voit des ennemis partout et ne supporte aucune critique. Victime d’un vol, il a décidé de faire couper une oreille aux voleurs, alors que lui-même et ses acolytes pillent le bien publique !



Sommaire journal           suivante           Page précédente           Accueil site