* Congrégation du Saint Esprit: Justice et Paix Justice et Paix


Sommaire :
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EDITORIAL : la page du responsable national
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RJAE : Le point des campagnes au début 2006
- BLOC-NOTES : L'actualité autrement (tsunami, dette...)
- ENCADRÉS : Irak, Soudan, Côte d'Ivoire , Amazonie, des livres ...et un rappel...
- Justice et paix POUR L'AFRIQUE : (voir notre rubrique EN MISSION - Développement)
- APPEL: Pour les travailleurs en Equateur
- OMD : Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
- Par ci par là dans un carnet de voyage
- CYBER@CTION : Bengladesh et Carrefour
- PETROLE CAMEROUN-TCHAD : Cynisme de la Banque Mondiale
- MESSAGE DE JEAN-PAUL II : Pour le 1er janvier 2005, journée mondiale pour la paix
- FRANCOPHONIE : Après sommet à Ouagadougo (nov. 2004)
- DOSSIER ARMES : Campagne internationale pour une meilleur contrôle
- GENS du VOYAGE : Roms au violon (déc. 2004)
- Fil d'Infos (RSS) de Médecins dans Frontières
- Un site sur "la dette"
- Congo : Les disparus du Beach, jugement (juillet 2005)
- Congo : Lettre de l'épiscopat (2004)
- Pointe-Noire : Pot de terre - pot de fer...
- RCA : Mort pour une mangue
- VIOLENCE : Décennie, combattre la violence
- Congo : Le pétrole, pour qui ?
- Bulletin spiritain justice et paix novembre 2005
- Bulletin spiritain justice et paix mai 2005
- Bulletin spiritain justice et paix (supplément juillet 2005)
- Bulletin spiritain Réfugiés 2005
- Réunion des délégués français spiritains "Justice et paix"(2004)
- Notre Forum Justice & Paix
- Forum et actions Réseau AEFJN :    (voir à www.aefjn.org)




Sida en Afrique - plus d'infos à : www.plusnews.org/fr)

Décennie Vaincre la Violence (2001-2010)
Les Eglises en quête de réconciliation et de paix

Un site à visiter :
www2.wcc-coe.org/dov.nsf/fs_standard_fr

Non seulement vous pouvez consulter ce site pour obtenir des informations sur la Décennie, trouver des idées pour participer, et prendre connaissances de nouvelles et d’indications documentaires fournies par des Eglises et des organisations du monde entier – mais vous pouvez aussi
- faire connaître vos propres manifestations et initiatives. Vous enrichirez vos liens avec d’autres qui se préoccupent aussi de ces questions dès l’instant où
- partagerez desrécits et témoignages - annoncerez des manifestations - ajouterez des informations sur les ressources et inscrirez votre organisation
Merci de faire ce petit pas : vous participerez ainsi aux efforts dynamiques entrepris dans le cadre de la Décennie " vaincre la violence ".


Mangues tueuses
Mort pour une Mangue
En préalable : il faut le savoir, on ne monte JAMAIS, mais JAMAIS sur un manguier. Des branches peuvent être grosses, elles cassent comme du verre. Chaque année, à la saison des mangues, il y a des morts.
Une grande part des manguiers n'ont pas de propriétaire bien défini. Ceux qui bordent les routes ne sont à personne, plantés jadis au temps des " administrateurs ", leurs fruits restent offerts à qui arrivera à s'en emparer; ces beaux fruits sont, verts, puis dorés, puis ils prennent des reflets rouges; les fruits sont là, en nombre, attirants, ils se descendent avec des perches, assez souvent avec des pierres, mais la tentation reste grande, c'est si facile de grimper.
J'ai sous les yeux un mot très court, je viens de le recevoir : glacial.

Paroisse Saint Paul

Hier il y a un gosse d'un des réfugiés qui vient de temps en temps chercher à manger, ici, à la paroisse. Ce gosse en cherchant à grimper sur un manguier ( il veut chercher une mangue parcequ'il est affamé), est tombé, presque devant le local de notre Archevêque et il est mort sur le coup.
Le corps est presque en décomposition, et les "Saint Vincent" veulent l'inhumer. Seulement j'ai plus grand'chose. J'ai donné au moins 6.000 Frs Cfa (soit 9 euros) si tu peux compléter avec 8 euros ( soit 5.000 francs CFA ) c'est bon. Voila tout. Merci.

Est-ce bien réel ? Le mot est si simple qu'il en devient étourdissant ......Si peu d'argent disponible......... L'isolement complet du gamin !
Comment peut-on atteindre un pareil degré de dénuement et de misère ?
Y. G. , Bangui

Pour qui coule l’or noir en Afrique ?

IRIN (un département d'informations humanitaires des Nations Unies) communique :

CONGO : Des ONG demandent plus de transparence dans la gestion pétrolière.

BRAZZAVILLE, le 29 septembre (IRIN) - Une coalition d'ONG a demandé aux compagnies pétrolières opérant en République du Congo de prendre des mesures concrètes pour la publication des sommes d'argent qu'elles versent au gouvernement congolais, a indiqué jeudi dernier un communiqué parvenu à IRIN.
La commission Justice et Paix de l'Eglise catholique, l'Eglise évangélique du Congo et l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (Ocdh) entendent ainsi oeuvrer pour plus de transparence dans la gestion nationale du pétrole.
Le pétrole constitue, en effet, la première source d'exportation du Congo. Il représente les deux tiers des ressources budgétaires nationales. Malgré l'exploitation de cette ressource naturelle, 70% de la population congolaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Les salaires des fonctionnaires sont gelés depuis une dizaine d'années alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter.
"Par ce communiqué, nous voulons inciter un changement dans la gestion des revenus du pétrole afin que l'actuelle pauvreté que connaît le pays, au bout de trente ans d'exploitation pétrolière disparaisse au fil du temps.


C'est tout de même inadmissible que 70% de notre population vive en dessous du seuil de pauvreté alors que le pays est le troisième producteur de pétrole en Afrique sub-Saharienne," a déclaré à Irin, Christian Mounzéo, président par intérim de Ocdh.
La coalition s'est, toutefois, réjouie des engagements internationaux pris par le gouvernement congolais en matière de transparence des revenus pétroliers. Elle lui a, néanmoins, demandé de concrétiser ses déclarations de principe par la suppression de la clause de confidentialité dans les contrats pétroliers et la publication des résultats de la société nationale des pétroles du Congo. Elle s'est encore félicitée du dialogue amorcé avec la compagnie Total et de son action à travers l'Initiative sur la transparence des industries extractives (Eiti). La coalition a invité les autres compagnies à s'engager dans ce processus. [Pour des informations complémentaires sur EITI, voir: www.dfid.gov.uk]
L'assemblée nationale a, par ailleurs, approuvé récemment six projets de loi garantissant les intérêts de l'Etat congolais et ceux de la compagnie Total, le principal partenaire pétrolier du Congo. Cette coalition a été créée le 5 septembre dernier à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, à la suite du plaidoyer sur la transparence des revenus pétroliers du Congo, mené en février 2003 en France.
Ce groupement d'ONG,appelé "Coalition congolaise, publiez ce que vous payez", relaye au plan national les objectifs de la campagne internationale "Publiez ce que vous payez". Ce programme vise la transparence des revenus des industries extractives et particulièrement ceux du pétrole en République du Congo.
[Pour des informations complémentaires, voir: www.publishwhatyoupay.org]


Glané dans un carnet de voyage

Quelques jours avant le départ, un ami, depuis Libreville, me demande un service. Son collègue de travail a un enfant de sept ans, hospitalisé depuis un mois, avec une tumeur au rein. Pour commencer le traitement, il faut six boites d’un certain médicament, et il ne reste plus qu’une boite à Libreville. Durant trois jours, nous nous sommes démenés pour trouver ce médicament qui ne se vend pas aux particuliers. Je vous passe les détails. Finalement les boites sont arrivées en même temps que moi, mais avec les fêtes (15 août, 17 août fête nationale) toute la semaine était fériée. Le traitement n’a commencé que la semaine suivante. Outre la négligence, relevée par un ami médecin, on peut se demander pourquoi des médicaments sont introuvables à Libreville, alors que des sommes considérables sont prévues pour leur acquisition. A tous les niveaux, " le mouton broute là où il est attaché ". Je suis allé voir plusieurs fois cet enfant et ses parents, à l’hôpital. L’espoir et l’angoisse nous habitaient tout à tour. Finalement, l’enfant est décédé.
Tout ceci m’a replongé dans une autre affaire tout aussi douloureuse. C’était vers 1975. Mireille, une petite fille de six ans avait bu de l’eau de Javel. Œsophage brûlé... Trois semaines à l’hôpital et un jour la décision est prise de l’évacuer sur la France. A l’époque, un des parents pouvait accompagner l’enfant. Ses parents me supplient de l’accompagner. Je connais la France et ils pensent que je serai plus efficace... Dans l’avion, un médecin nous voit. Il me demande, scandalisé, pourquoi l’enfant n’est pas sous perfusion. La petite est en train de mourir de faim. Ce médecin obtient que l’avion soit détourné sur Cotonou. Une ambulance nous attend et nous amène dans un hôpital où l’on place une perfusion. Arrivés à Paris, on me signifie que l’enfant va être dirigée en réanimation. Je serai averti dès que je pourrai la voir. Hélas, deux ou trois jours après, ils m’appellent pour me dire qu’elle est décédée.
1975 – 2005 : les choses n’ont pas l’air d’avancer ....

Peut-on parler de " pays en voie de développement " ? Dans les années 70, pour oublier toutes ces misères, les bars pullulaient. Aujourd’hui, les bars existent toujours, mais ce qui se développe à la vitesse grand V, ce sont les " églises éveillées ". Eglises où l’on prie, où l’on crie, où l’on guérit. Et aujourd’hui, l’eau bénite marche aussi bien que la bière.
(…)

j’ai relevé dans l’Union, quotidien (officiel !) du Gabon, du 13 juin 2005 : " Bons comptes de l’exercice 2004, la Comilog fait 34 milliards de francs CFA de bénéfices ". Dans ce même quotidien, le 17 juin : " Don : des machettes et des limes aux populations de Onga ". Aux uns les milliards, aux autres les miettes !
Vous comprenez pourquoi certains sont prêts à tout pour venir tenter leur chance en Europe. Vous avez lu dans la presse : 3 octobre, Maroc : 135 blessés dans un violent assaut d'immigrants à Melilla. Quelques jours auparavant, quatre immigrants sont morts dans la nuit de mercredi à jeudi lors d'une tentative d'infiltration massive de clandestins dans l'enclave espagnole de Ceuta. Et nous n’avons pas oublié les immeubles insalubres qui ont brûlé dernièrement à Paris. Le paradis rêvé n’est pas toujours au bout du chemin.
(…)
Le Gabon, contrairement à d’autres pays d’Afrique, n’a pas connu de graves conflits ces dernières années. C’est pourtant le sort de plusieurs pays voisins. Les richesses naturelles, manganèse, pétrole, bois, or, diamants, etc. etc. sont souvent la cause de conflits armés. Les avions qui emmènent en Europe les filets de perche du Nil depuis Mouenza (Tanzanie), reviennent avec des armes (vous avez vu " Le cauchemar de Darwin " ?). Le pétrole n’est plus une bénédiction mais une malédiction
(…).
…. J’ai pris quelquefois le temps de passer une heure à la plage. Et avec des petits enfants qui s’éclataient dans l’eau, même si la peur les empêchaient d’aller trop loin ... Un vrai plaisir de les voir heureux. Et ce sont ces mêmes enfants qui m’ont émerveillé par leur chant : " Violence, violence, nous ne voulons plus de violence ". Les séminaires sur la prévention des conflits, c’est plus qu’absolument nécessaire. Mes amis de Côte d’Ivoire ne diront pas le contraire... Apprendre aux enfants de deux, trois, quatre, cinq ans de tels chants, c’est leur donner de bonnes idées. En espérant qu’ils cultiveront cette philosophie tout au long de leur vie. Car ces mêmes enfants chantent d’autres chants : " Maman a dit quoi ? On s’en fout, on danse seulement ! ", et quand vous les voyez danser, vous ne pouvez pas vous empêcher de rire....!

(…)
Pour en revenir au mariage de Delphin et de Georgette, " tout s’est bien passé ", les nombreux parents amis et connaissances en garderont un excellent souvenir, même si ce fut un peu long : rien à voir avec un mariage à la mairie souvent célébré de manière expéditive.
Quant au mariage religieux, il semble que le jour où l’Eglise catholique daignera prendre au sérieux " l’inculturation " tarde à venir. En 1988, les évêques du Tchad présentaient au Vatican un document où il était question du mariage coutumier et du mariage chrétien. J’ai gardé ce document et la réponse de Rome. Le cardinal Tomko ne se cachait pas pour faire des réserves. En 2005, au Gabon, à Libreville, je ne vois pas en quoi l’Eglise catholique a fait le moindre petit progrès. Dommage ! Pendant ce temps là, les " églises éveillées " s’en donnent à cœur joie. Espérons qu’un jour, pas trop lointain, les anciens jécistes du Gabon, du Cameroun, du Togo, du Rwanda, de RCA, de Côte d’Ivoire, réunis dans le Réseau des Anciens Jécistes d’Afrique (RAJA) arriveront à dire une parole forte sur cette question. En attendant, nous avons tout de même célébré une messe d’action de grâce : nous avons voulu remercier le Seigneur pour ce mariage réussi. Avec une bénédiction spéciale : Dieu ne peut que dire du bien de ce qui rentre dans son plan.
(…)

Tandis que Delphin et Georgette se mariaient, Blanche faisait ses vœux perpétuels dans la congrégation des soeurs de Sainte Marie. Et ceci aux Rois Mages. Vers la fin des années 80, Blanche était " accompagnatrice " des équipes CV – AV aux Rois Mages. Il y avait alors 24 équipes. L’Action Catholique des enfants considère que les enfants ne sont pas l’Eglise de demain, ils sont acteurs aujourd’hui, ils sont l’Eglise d’aujourd’hui. Les accompagnateurs ne font pas le travail à leur place. Comme le nom l’indique, ils accompagnent. Depuis 1991, j’ai un peu perdu de vue notre sœur, Blanche. Mais si elle a tenu à prononcer ses vœux à Akébé, c’est sans doute qu’elle a retenu cette façon dont nous avons travaillé : chacun de nous, fut-il un enfant, chacun de nous a sa place à tenir dans notre grande famille des chrétiens.
Paris, le 5 octobre 2005
Gérard Warenghem



de Médecins sans Frontières...


Rencontre Délégués Spiritains français Justice et Paix
La session " Justice et Paix " est devenue un " rite " annuel très apprécié de la vie de la Province. Animée par Christian Thuet avec le dynamisme que tout le monde lui connaît, elle a réuni à la rue Lhomond les " animateurs " J&P de la plupart des communautés des spiritains et des spiritaines de l’hexagone. Est à noter l’absence des communautés de formation.

1. Évaluation
À partir des propositions faites et des engagements pris il y a un an, voici les initiatives et les souhaits que l’on peut relever :
- Les campagnes de signatures : nous avons eu plusieurs sollicitations cette année. Dans certaines communautés beaucoup de confrères signent, dans d'autres il y a encore quelques résistances. Un souhait : pouvoir mieux apprécier les enjeux, mais aussi les résultats ; approfondir les motivations bibliques, théologiques et spirituelles, sans oublier que nous avons à progresser dans la " conscientisation socio-politique ". Il y va là du rôle de l’animateur J&P de la communauté : à lui d’étudier et d’adapter tout cela au groupe ; à lui de susciter une véritable motivation. Pourquoi ne pas consacrer de temps en temps une réunion communautaire à la présentation d’une campagne ? On rappelle que ces campagnes sont efficaces et nous permettent véritablement d’agir avec les autres.
- Commerce équitable : la conscientisation dans la population progresse peut-être plus que l’action concrète dans nos communautés. Pourquoi ne pas mettre le commerce équitable à l’ordre du jour de la réunion des économes des communautés ?
- Les plus pauvres : écoute, accueil et même hébergement de personnes en grande précarité, coopération avec le Secours Catholique, le Secours Populaire, soutien scolaire, réunion d’information et de sensibilisation à la misère, caisse de partage œcuménique, etc. . Les initiatives ne manquent pas !
- Nord-Sud : L’antenne AEFJN de Strasbourg a été relancée, le soutien à des groupes intervenant en Afrique, l’effort d’écoute des hôtes de passage dans nos communautés, comme nos revues, sont autant de lieux propices pour relayer les informations.
- Prière : avec les homélies, elle s'exprime surtout dans les communautés d’anciens. Des veillées de prières ont vu le jour.

2. Formation
Il est difficile de résumer en quelques lignes les deux entretiens qui nous ont invités à aller un peu plus loin dans la réflexion à propos de deux thèmes bien actuels :
  • Connaissez-vous la distinction entre les 35 quater et les 35 bis ? Entre les étrangers en situation irrégulière qui se retrouvent dans les zones d’attente dans les aéroports, les gares, les ports et les interdits de séjours qui se retrouvent en centre de rétention ? Le P. Claude Drui nous a précisé les droits, les difficultés, les impasses où se trouvent les uns et les autres. La situation de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, frappent à notre porte est devenue encore plus difficile à la suite de la mise en œuvre de la loi " Sarkozy " sur l’immigration et le droit d’asile. Nous confondons souvent l'immigration de manière générale et le droit d’asile qui est un engagement international depuis l’adoption de la Convention de Genève. D’une manière ou d’une autre toutes les législations se durcissent de manière à empêcher les entrées sur le territoire.
    Questions : Quelle place voulons-nous tenir dans le monde qui soit conforme à nos valeurs ? Pouvons-nous mieux collaborer avec les associations qui essaient de gérer au quotidien l’accueil des étrangers (Cimade…) ? Aujourd'hui, que signifie le mot " étranger " ?
  • Qu’est-ce que le " développement durable " ? – M. Etienne Poitrat a rappelé une définition donnée par l’ONU en 1987 : C’est 'le développement qui satisfait les besoins de la génération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins'. Il repose sur trois piliers : l’équité sociale, l’efficacité économique et la défense de la qualité de l’environnement. Pour y arriver, il faut mettre ou remettre l’homme au cœur du débat et non pas une logique purement économique : un homme solidaire, un homme responsable, un homme citoyen du monde selon les règles d’une saine démocratie. M. Poitrat a fondé sa réflexion sur des données chiffrées fort intéressantes. Il serait bon pour les communautés de disposer d’outils de communication du type de ceux qu’il a utilisés et participer ainsi à ce travail de conscientisation de tous les gestionnaires (et non propriétaires) du monde.


3. Propositions et engagements
La liste est longue. Voici l’un ou l’autre point qui me semblent un peu nouveaux.
  • Accentuer davantage l’animation des temps forts liturgiques (Avent, Carême) dans le sens de J&P (utiliser les dossiers Pax Christi, CCFD, proposer une animation sur la feuille intercalaire J&P de " Province et Mission ", etc.)
  • Cette année, une retraite provinciale à coloration J&P.
  • Mieux communiquer nos activités J&P à " christianthuet@aol.com " afin que tout cela serve à alimenter le site spiritain.
  • Programmer des espaces et des temps J&P dans les rencontres spiritaines régionales (c’est la responsabilité des supérieurs régionaux).
  • Développer les relations et les collaborations avec les instances J&P de l'épiscopat.
  • Mettre le commerce équitable au programme de la session des économes.
  • Mais surtout et pour éviter la dispersion, nous proposons un thème d’année commun pour 2005 : Mieux rejoindre les africains et les Haïtiens présents parmi nous. Au Conseil provincial, aux communautés, aux équipes pastorales, aux médias spiritains, de mettre ce thème au cœur de leur action et de leur programme de communication.
Jena-Pierre Buecher


Conférence de l'ONU
sur le Trafic Illicite des Armes Légères


Le 20 juillet, la Conférence de l'ONU sur le Trafic Illicite des Armes Légères, tenue à New York, s'est terminée avec un " Plan d'Action 2001 " obtenue après de longues et difficiles négociations. Ce document servira de base pour des actions internationales en vue de réduire la prolifération et l'abus des armes légères dans le monde Le progrès sera évalué dans une conférence en 2006. Les ONG ont noté que certaines délégations (la Chine, les pays du Moyen Orient et les Etats Unis) avaient activement travaillé pour minimaliser la portée de ce " Plan d'Action ", limitant sa contribution à la promotion de la sécurité des populations en danger. Les pays africains, le continent le plus affecté par la prolifération des armes légères, et l'Union Européenne, au contraire, ont essayé de tenir un langage plus contraignant.

Un premier pas
Le plus grand succès de la Conférence 2001 fut que pour la première fois, le sujet du trafic illicite des armes légères à été mis sur l'agenda politique mondial forçant les différents pays à prendre publiquement position sur ce sujet.
Dès maintenant nous avons un texte politique, internationalement reconnu, qui met en avant les points de convergence et de désaccords qui existent dans la communauté internationale sur ce sujet. Il nous permet de continuer notre lobbying auprès de nos gouvernements tant en Afrique qu'en Europe.
Il y a eu des progrès en plusieurs points clés, entre autre sur l'impact des armes sur le développement, la santé et les questions humanitaires - en particulier la situation des femmes, des enfants et des personnes âgées ; un engagement pour le désarmement et la démobilisation plus effective; le besoin de plus de sécurité pour les armes appartenant aux Etats ; et la destruction des surplus d'armes et des armes illicites. Pourtant tous ces engagements devront se réaliser avec les moyens et ressources existantes !
Certains points importants ont été omis dans le document final - des mesures qui auraient eu un impact réel sur le terrain ! Il n'y a pas d'engagement pour la négociation d'un traité sur le courtage international des armes légères, ni sur le marquage et suivi des armes légères. On regrette aussi qu'il n'y ait aucune mention de la protection des droits humains, ni pour une réglementation concernant la possession d'armes par des civils


L'Afrique et les Etats Unis
On a remarqué une forte prise de positions de la part des pays africains (positions partagées par beaucoup de pays) contre les positions des Etats-Unis. L'attitude intransigeante de la délégation des USA a fait que la conférence n'a pu formuler des résolutions sur la nécessité des contrôles concernant la possession d'armes légères par des civils et le besoin de prévenir pour des livraisons d'armes légères faites à des groupes non-étatiques. Les pays africains, qui avaient jusqu'à la fin de la conférence maintenu des propositions sur ces sujets, ont cédé à la pression afin de permettre à la communauté internationale de progresser ensemble vers quelques premiers pas pour réduire le danger commun qu'est la prolifération des armes légères. Dans un communiqué final, le président de la conférence a remercié les pays africains pour leur sens civique et a déploré l'attitude des Etats Unis.
La contribution des ONGs reconnue
Pendant la conférence, la campagne contre les armes légères menée par les ONG a gagné en crédibilité et ces contributions sur le terrain ont été reconnues. Le secrétaire général, Kofi Anan a loué la participation constructive des groupes de la société civile venus du monde entier à la conférence. Il a demandé aux ONG et groupes de la société civile d'assurer un suivi de la conférence en interpellant leurs gouvernements afin qu'ils consolident les acquis de la conférence et s'engagent à obtenir l'arrêt de la prolifération des armes légères, une augmentation des contrôles sur la possession d'armes et sur les transferts d'armes légères aux groupes non-étatiques.

Où en-sommes nous aujourd'hui ?
AEFJN remercie tous ceux qui ont participé à nos actions-lettre autour de la Conférence 2001.

Beaucoup ont écrit à leurs gouvernements et ambassadeurs auprès de l'ONU. Comme en témoignent les multiples réponses, nos soucis et notre position concernant le trafic en armes légères ont été notés. E nous faudra maintenant assurer le suivi.
Après 6 mois de travaux préparatoires et la conférence elle-même, le sujet sera suivi en. coulisses.
Il est de notre devoir maintenant de faire le suivi de nos gouvernements et des politiques nationales sur le commerce en armes légères. Désormais, en plus du Code de Conduite Européen pour le Commerce des Armes, le Plan d'Action 2001 approuvé à la conférence nous donne un instrument pour responsabiliser nos gouvernements.

En octobre prochain, AEFJN participera à un séminaire organisé par RIAL/IANSA pour étudier l'impact du Plan d'Action 2001 sur les politiques de la Communauté Européenne. A l'ordre du jour: une convention, proposée par l'ONG "Fund for Peace" sur le traçage
et le courtage des armes légères, le suivi des Institutions européennes et la collaboration entre les ONG du Sud et du Nord. Cc séminaire sera important: pour AEFJN car il déterminera la ligne d'action pour notre propre plan d'action 2002, que nous proposerons à l'Assemblée Générale fin octobre prochain.


   

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