Congrégation du Saint-Esprit en France
spiritains

 
















N° 904 mars - avril 2019

Spiritaines en Guinée-Bissau

Au rythme d’un peuple

La Guinée-Bissau, un pays grand comme la Belgique, semble se faire oublier sur la côte ouest du continent africain. À Caiό et Betenta, les Soeurs spiritaines dialoguent au quotidien avec la société traditionnelle dans sa complexité.
Elles cherchent aussi à guider une jeunesse qui aspire à une vie meilleure ailleurs. Collaborateur des spiritaines à Betenta, le P. Martin Tonguino, spiritain, nous invite à découvrir la religion traditionnelle.

A travers la présence des Soeurs spiritaines, c’est tout l’engagement de l’Église catholique en Guinée-Bissau que nous allons chercher à comprendre. Force de dialogue, présence fidèle, elle a su se réinventer depuis l’indépendance. Représentant seulement 10 % de la population, l’Église a gagné une forme de respect dans ce pays. Car lorsque celui-ci allait mal, l’Église était là, pour soigner, éduquer et dialoguer. Ce dynamisme fut personnifié notamment par Mgr Settimo Ferrazzetta, un franciscain italien.

Des espoirs déçus, une migration rêvée

C’est à la demande de ce dernier que les spiritains arrivent en 1977 dans le pays. Les spiritaines s’installeront en 1991. La Guinée-Bissau qu’ils découvrent sort tout juste d’une longue et féroce guerre de libération contre la colonisation portugaise.
L’indépendance est déclarée en 1974. La libération n'a pas été à la hauteur de l'espoir qu'elle avait suscité. Dixième pays le plus pauvre du monde, 80 % des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour. Devant l'instabilité politique, les séquelles de la guerre civile de 1998-1999, les promesses non tenues… les Bissau-Guinéens affichent aujourd'hui un certain fatalisme quant à la capacité du pays à améliorer leur sort. Plus que jamais, la religion traditionnelle est devenue une valeur refuge. Le bois sacré, le culte des ancêtres, les sacrifices… apparaissent beaucoup plus stables que ce que l’État peut proposer (la pauvreté de ses infrastructures, ses visions à court terme…). L’alternative, tentation de toute une jeunesse : l’émigration. Quelques belles maisons construites à Caió et financées par des migrants depuis l’Europe suscitent inévitablement l’envie et le rêve. Alors même que cet exil d’une partie de la jeunesse risque de plonger toute une région dans une spirale de déclin.

L’espérance de toute une jeunesse

Néanmoins, les Bissau-Guinéens ne se départissent jamais totalement de leur espérance. C’est la jeunesse de la population (40 % a moins de 15 ans) qui frappe tout d’abord. Elle cherche sa place dans un monde qui change. Comment allier la fierté dans ses valeurs traditionnelles, sa langue, ses coutumes, et en même temps la soif d’embrasser de nouvelles valeurs, d’acquérir de nouvelles compétences, d’améliorer son sort ? L’Église se devait d’accompagner ce double mouvement : respecter et dialoguer avec la tradition d’un côté, et affronter l’évolution de la société.


Pour en savoir plus
retrouvez notre reportage complet dans la revue des Spiritains de France PENTECÔTE SUR LE MONDE.
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